dimanche 23 juin 2013

Sortie en Estrie

Salut tout le monde !

Voilà un petit récit raconté par Jean-François, ou Kerouak, sur ma dernière sortie en kayak-pêche.

" Nous avons profité de la superbe journée pluvieuse d'hier pour tenir les premières retrouvailles des "Aventuriers du Gouin", nous sommes partis à 3 des 5 comparses d'aventure (Lewie, FaithSpinner et Kerouac) pour une petite descente d'une douzaine de kilomètres sur une petite rivière assez difficile d'accès en Estrie.

On partait en prospection, ne sachant pas trop qu'est-ce qu'on y trouverait.

Ça a bien commencé... dès mon premier lancer une attaque monstre sur mon leurre, mais étant trop occupé à discuter avec Lewie, je manque mon ferrage.

On continue un peu plus loin, c'est au tour de Lewie d'avoir l'attaque monstre et il ne rate pas sa chance :







Après avoir fait une belle remise à l'eau tout de suite après, on continue notre chemin et là, les achigans se mettent à attaquer :







De la qualité et de la quantité aussi, nous en avons pris une dizaine chacun, tous entre deux et trois livres.

Un petit avec une grosse blessure sur l'arrière du corps. Il a sûrement échappé aux dents d'un gros prédateur :




Faithspinner, qui apprécie sa journée malgré la pluie incessante :




On descend quelques petits rapides, Lewie lance sa cuillère directement dans le bouillon, BANG ! Un autre beau petit maskinongé :




Total pour la journée: une dizaine d'achigans chacun, plus 2 maskinongés pour Lewie, 1 brochet pour Kerouak et 1 doré pour Faithspinner.

Une autre belle sortie à trois, en espérant être cinq pour la prochaine ! "

mercredi 12 juin 2013

Cinq jours au Réservoir Gouin

Bonjour à tous !

Voilà ma petite contribution, mon petit reportage de quatre jours de folie passés sur le Réservoir Gouin avec quatre amis :

Pat T
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Kerouak
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Faithspinner
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et III (Balbuzar en prison  ).
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L'idée de départ était de partir à l'aventure pour camper sur les îles du Gouin, en pêchant au fur et à mesure que nous progressions sur le réservoir. Pour ma part, c'était le baptême du feu, mon premier vrai voyage de pêche dans un endroit vierge de toute civilisation, pas le Grand Nord, mais presque. Pour un pauvre petit français comme moi, l'idée semblait folle et dangereuse. 

Nous avons passé beaucoup de temps en amont à tout préparer, à établir un itinéraire, à prévoir l'imprévisible, à tout planifier, pour être sûrs que le voyage ne se transforme en cauchemar. Le set-up que nous avions conçu était tout ce qu'il y a de plus difficile, mais l'aventure a un goût qu'on ne peut qu'apprécier, des souvenirs d'une intensité telle que nous avons maintenant hâte de renouveler l'expérience.

Nous sommes partis un vendredi matin, très tôt. à 4h30 du matin, tout était prêt : le kayak de Faithspinner sur le zodiac de Pat T, le canot sur le toit du 4x4, le matériel emballé, prêts et excités comme des enfants devant un magasin de bonbons.

Nous redoutions le voyage, ces 7h de route à cinq, sur la route puis sur le chemin de terre, mais nous ne les avons pas vues passer, ces heures. Entre nos conversations passionnées et l'humour qui s'est tout de suite imposé comme une référence incontournable, en un rien de temps, nous avions parcouru les 400 km qui nous séparaient de la pourvoirie.

Vendredi midi, nous arrivons au bord du lac. Le vent est presque nul, le temps est nuageux, et les maringouins nous attendent de pied ferme. Les poissons aussi... 

Première nouvelle et premier imprévu : le réservoir est haut, 9 pieds de plus que la hauteur d'eau normale. Conséquence directe : les postes ont changé, il n'y a plus de plages, les poissons ne sont plus sur les zones habituelles, il faut prospecter. Mais avant tout, il faut déballer tout. 

Une heure plus tard, tout est prêt. Nous partons enfin. 

Kerouak et Faithspinner sont aux commandes de leurs embarcations respectives, Pat joue les capitaines sur son bateau (heureusement qu'il était là, avec tout le matériel qu'il nous fallait transporter !). Quant à moi, je suis en tandem avec III, sur le canot. 

L'après midi se passe sans encombres. Les nuages sont présents, mais pas de pluie. Nous avons la chance de tomber sur un spot à brochets, une belle baie herbeuse. Les captures s'enchaînent, pas de vrai gros, des fouettes. III tombe tout à coup sur un beau brochet, estimé à 35 pouces. Le temps de sortir l'épuisette, de le passer dedans, le monstre décide de repartir, et bondit hors du filet, devant mes yeux ébahis. Le poisson est libre, il est reparti, sous une belle volée d'insultes bien senties. Je me suis senti pas mal bête de rater le point final de cette première vraie capture. 

D'autres petits brochets rejoignent le canot, mais rien de bien sérieux. Puis, il faut pagayer jusqu'au premier campement, une île. Comme ça, on évite les visites nocturnes imprévues.

Arrivés sur la première passe réputée pour le doré, Faithspinner a rempli sa chaîne à poissons.
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Kerouak a déjà attrapé un beau doré, pendant que Faithspinner continue son carton plein.
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Arrivés en retard sur le spot, nous avons un peu de temps pour en attraper quelques uns. Les dorés sont malheureusement assez petits, et les gros trophées sont absents. La sangsue marche bien.

Nous repartons en direction du campement, avec deux grosses cuillères à la traîne. Un petit brochet se laissera tenter. C'est déjà l'heure de monter les tentes et de se préparer à manger. Je me sens un peu dépassé par la chose, la fatigue est bien présente et j'ai du mal à avoir les idées claires. Je me laisse clairement porter par III qui est encore bien vaillant, et qui aura tout préparé tout seul ce soir-là. Pas de feu sur l'île, nous sommes tous très fatigués, et même si III et moi voulons essayer de pêcher de nuit, nos camarades épuisés dorment déjà depuis longtemps quand nous décidons de rejoindre les bras de Morphée.

Le matin du second jour, nous sommes frais et dispos. L'escapade recommence. Objectif du jour : atteindre l'embouchure d'une rivière, pour tenter de prendre du brochet, puis la remonter vers le Lac des Cinq Milles.
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Le portage commence par un bel obstacle : un pont de fortune dressé sur une veine de fort courant, que nous devons traverser.
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Porter les canots s'avère difficile, il faut transporter une grosse partie du matériel sur la berge, sans la moindre piste. Je ne cache pas mon appréhension, d'autant que nous ne pouvons pas faire demi-tour : l'après-midi est entamée, le vent s'est levé sur le réservoir, et les vagues sont trop fortes pour que nous nous y aventurions.

Le portage commence, III se charge du canot et je passe par le bois. Les arbres morts rendent la tâche difficile. Faithspinner chavire même en passant une veine de courant, et perd une canne au passage... 

De mon côté, la pluie étant arrivée, je commence à être bien mouillé, et la fatigue est vite revenue. Je me disais en bonne forme physique, je dois reconnaître avec le recul que je n'étais pas autant en forme qu'espéré. 

La zone difficile est franchie, et je remonte dans le canot avec III. Les bancs de meuniers défilent sur le fond de la rivière. Nous sommes émerveillés par la beauté de ce paysage brut. 

Après une ou deux heures de remontée, nous arrivons sur le Lac des Cinq Milles. La pluie tombe, elle est fine et pénètre le moindre centimètre carré de nos vêtements. Le lac est immense, et nous nous demandons comment prendre du poisson sur une zone aussi vaste. Kerouak réussit à prendre un beau doré, nous prenons quelques brochets à l'embouchure de la rivière, et nous dirigeons désormais vers le camp numéro 2. Pat T de son côté n'a pu remonter la rivière, et campe de son côté sur le premier campement, pour ensuite faire le tour et nous rejoindre le lendemain.

Avec III, nous sommes déterminés à attraper un beau brochet. Nous passons plusieurs fois à la traîne autour de notre île, sans succès. Armés de grosses cuillères, nous pêchons au hasard. Un petit brochet rejoint le canot, puis c'est la touche pour moi. En passant devant un arbre immergé, paf, arrêt net. Ma cuillère revient vers le canot à toute vitesse, c'est un poisson. Ferrage en règle, rush puissant. Le poisson sonde. Ma ligne est tendue à l'extrême, le fil manque de se rompre alors que je desserre mon frein, juste à temps pour éviter la casse. Après deux ou trois départs en force, nous amenons le poisson dans l'épuisette. Verdict final : 90 centimètre et demi, 35,5 pouces. Une belle femelle aux couleurs magnifiques. Je bats mon record de cinq centimètres, je suis heureux et ça se sent.
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La photo est prise, le poisson retourne dans les profondeurs.

Nous montons le second camp sur notre île. La pluie est toujours là, l'humidité nous colle à la peau, et le froid nous transit jusqu'aux os. Je débarque d'un côté de l'île pour éviter de mouiller mes pieds (illusoire, car j'étais trempé de la tête aux pieds). En parcourant les quelques mètres qui me séparent du camp, je tremble comme une feuille. Je sais que j'ai froid, il faut que je me réchauffe. L'hypothermie n'est pas encore à l'ordre du jour, mais je ne dois pas traîner. Heureusement, III est prévoyant et a commencé à préparer le feu.
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La soirée est agréable. Placée sous le signe de la fatigue encore, nous ne faisons pas long feu, et même si notre bonne humeur n'est pas entachée par le mauvais temps, nous savons qu'il faut reprendre des forces et garder le moral au plus haut pour le lendemain.

Le jour se lève et la surprise nous attend : les nuages sont partis. Nous nous dirigeons vers la suite de notre itinéraire : un second portage, entre le Lac des Cinq Milles et le Lac de la Dame. Il faut franchir une centaine de mètres, porter les affaires, les embarcations. Le soleil pointe ses rayons, nous sommes réchauffés. Le lac qui précède celui de la Dame est étrangement vide : à part un petit brochet suicidaire, pas une belle nageoire malgré nos lancers répétés. Nous avançons alors dans la rivière qui le sépare d'un autre lac. Il ne faut pas traîner : Pat T nous attend de l'autre côté. Les fouettes sont là dans la rivière, et nous entrons sur le Lac de la Dame. Les brochets mordent bien, et Faithspinner commence à prendre goût à la pêche de surface.
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Il pique brochet après brochet, et chaque équipage réussit à prendre quelques poissons. Nous prenons même le temps de nous arrêter pour un shore lunch sous un beau soleil. 
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Vers 16h, nous arrivons au bout du lac, au dernier portage. Un barrage de castors nous empêche de passer, mais ce n'est pas ça qui nous arrêtera.
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Pat T est fidèle au rendez-vous. Le soulagement est de mise, on ne sait jamais ce qui aurait pu nous arriver, ou lui arriver.

Pat a malheureusement touché un magnifique poisson, qu'il estime à plus de 35 pouces. Encore une fois, le diable a jailli hors de l'épuisette, et s'est enfui sous ses yeux effarés. Il semblerait que les brochets du Gouin soient de sacrés farceurs !

Sous un soleil de plomb et sur une eau transformée en miroir, nous atteignons le troisième campement, sur un promontoire sableux qui surplombe une baie. 
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Les tentes sont montées, nous repartons pour une pêche de soirée, afin d'échapper aux bestioles qui sévissent en bordure des eaux. Malgré tous nos efforts, pas un doré ne rejoindra les bateaux ce soir-là. On se demande bien où ils sont passés, car pas une seule de nos technique n'a réussi à provoquer la touche.
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Un orage nous frôle, la soirée se passe autour du feu de camp, où les guimauves grillent. Une coupe de vin agrémente le repas, un peu de chocolat fin pour le dessert, et voilà, il en faut peu pour que cinq pêcheurs soient heureux sous les étoiles. 

Le lendemain, l'heure du retour sonne déjà. Nous avons prévu de nous faire tirer par le zodiac de Pat. Il aurait été impossible de ramer jusqu'à la pourvoirie, pour arriver dans les temps impartis. Sur le chemin, Faithspinner et Kerouak s'arrêtent pour prendre quelques derniers dorés, tandis que III et moi décidons de retourner sur notre baie à brochets, pour retenter une dernière fois de prendre un monstre. Quelques brochets viendront au bateau, mais deux chaloupes bien malpolies viendront nous brûler la politesse, à quelques mètres seulement de notre canot. Le Réservoir est immense, mais il semblerait que certains soient vraiment trop paresseux pour chercher par eux-mêmes le poisson.

Nous arrivons à la pourvoirie, et c'est déjà l'heure de repartir. Une baignade pour se nettoyer un peu, on remet tout le matériel sur le camion, et l'heure du départ sonne déjà. Fatigués, mais heureux, nous passons le voyage à discuter de nos péripéties, de nos avaries diverses, heureusement placées sous le signe du matériel.

Bilan matériel : deux cannes perdues, une canne cassée, un kayak endommagé (de façon superficielle), un imperméable éclaté, un pantalon d'imperméable déchiré. Quelques leurres perdus. Rien de bien grave au final.

Bilan humain : de la fatigue, beaucoup d'images de folie en tête, beaucoup de rires, notamment quand je découvre l'ampleur du portage. Pas mal de franche camaraderie, et de moments de complicité.

Bilan halieutique : plus d'une cinquantaine de poissons attrapés à trois. La pêche était dure, les poissons étaient souvent absents des zones connues, beaucoup de prospection à effectuer pour tirer notre épingle du jeu.

Bilan des emmerdes : saloperie de bestioles de maaaaaaarr** qui nous ont bouffés pendant tout le voyage ! Avec 9 pied d'eau de plus, les maringouins, mouches noires et autres empêcheurs de pêcher tranquille ne nous ont pas quittés d'une semelle. Mais bon, on s'y fait ! Le Gouin, c'est un all you can eat pour bibites !

J'ai des souvenirs plein la tête de ce voyage, passé en excellente compagnie. Je me suis parfois senti désemparé et un peu perdu, mais c'est grâce à mes camarades que j'ai pu passer tout ce temps sur l'eau, dans un endroit sauvage, loin de toute civilisation. En tant que français, c'est une première expérience que je qualifie de magique.

J'ai vraiment, vraiment hâte de remettre ça. 

Un gros gros merci à Pat T l'organisateur, à Jean-François pour son sens de l'orientation, à III pour sa ténacité et sa passion, et à Faithspinner pour sa bonne humeur et son optimisme perpétuels. Bravo les gars, c'était un truc de fou.

Louis/Lewie.

jeudi 18 avril 2013

Immigration, étape 1, avancée significative

Salut à tous !
Réservoir Manicouagan, nord du Québec


Pas de nouvelles, bonne nouvelle, comme on dit. 

Certes, on ne remplacera pas l'adage mais je sais que ça vous fait plaisir d'en avoir et ça me fait plaisir d'en donner. Voilà donc un billet qui parle de l'immigration. 

Je vais vous remettre rapidement en situation : le plan, en décembre dernier, était de réunir la somme faramineuse de papiers pour passer par la demande régulière de Certificat de Sélection du Québec, et envoyer ma demande avant la fin de mon PVT (avant le 6 mars 2013, donc). Je dois d'abord dire que ce n'est pas une sinécure, en particulier lorsqu'on attend certains papiers de France. J'ai dû harceler certaines administrations. Rennes 2 ne m'a jamais fourni les papiers dont j'avais besoin, malgré mes demandes incessantes. Jamais. De là à dire que je m'y attendais... c'est un pas que je franchis avec allégresse (et rancœur  je le concède).

Oui, c'est un parcours du combattant. Oui, il faut montrer qu'on a bel et bien existé et qu'on n'est pas une personne qui usurpe une identité, etc.

Donc, voilà où j'en étais en décembre dernier. Entretemps, j'ai demandé un visa Jeunes Professionnels d'un an et demi, pour pouvoir rester sur le territoire canadien en attendant d'obtenir ma Résidence Permanente (RP). J'en profite pour insérer les acronymes et leur définition, ça me facilitera la vie pour la suite.

Donc, une fois le JP obtenu (on va voir si vous suivez), je me suis dit : "Bon, on arrive à un an de travail le 12 mars, et les papiers ne sont toujours pas réunis... ça craint. Comment faire pour éviter toute cette paperasse ?"
La solution est simple : je suis passé par une démarche simplifiée qui permet aux jeunes travailleurs pourvus d'une année d'expérience à temps complet dans leur domaine d'obtenir le fameux CSQ (encore une fois, si vous suivez, vous avez compris l'acronyme). Cela s'appelle le PEQ (Programme de l'Expérience Québécoise). Son principal avantage ? Le gain de temps... Une demande de CSQ, c'est environ six mois d'attente. Une demande via le PEQ ? 20 jours. Autant vous dire que dès février, je savais que j'allais passer par cette démarche simplifiée.

Le 12 mars dernier, je fêtais ma première année aux Studios Les Vilains Garçons. Le 15 mars, ma demande de CSQ via le PEQ (une dose supplémentaire de difficulté) partait vers les bureaux de l'immigration de Montréal. Dernière nouvelle en date d'il y a deux semaines : les frais de dossier ont été prélevés... 750 $ en moins sur la carte de crédit, paf dans les dents !

J'attends donc qu'ils m'envoient ce fichu CSQ... pour enfin lancer l'étape fédérale, la plus imposante.

Voilà pour l'immigration. Vous voyez, la vie suit son cours et la maison qui rend fou ne gagne pas toujours la bataille. Je l'aurai, cette carte de résident permanent !

Sinon je rentre en France du 18 mai prochain, au 1er juin. J'espère vous y croiser, envoyez-moi donc un petit mail, que je sache si vous êtes dans le coin.

Plein de bisous à tou(te)s !

jeudi 14 février 2013

Français, joual et québécois, mes amours

Le texte qui suit est un commentaire que j'ai émis sur un article du Monde qui parlait des dernières élucubrations du gouvernement du Québec pour "protéger le français." Mouarf.

Hop, le lien ici.
"Pourquoi suis-je enclin à pouffer ? Ce qui me fait hurler de rire dans ce genre de débat qui porte sur les questions linguistiques, c’est qu’on gratte à peine la surface alors que ces questions sont bien plus complexes que ce qu’on voudrait croire. La réflexion qui suit n’arrive même pas à apporter un semblant de solution. C’est un imbroglio !
Je suis traducteur au Québec, arrivé de France, et je n’ai presque jamais eu d’affrontement sur la langue ou de dispute à ce sujet . Pourquoi ? Parce que les fameux « trolls » qui aiment se battre là-dessus se font vite désarçonner quand on leur parle de différence entre un calque, un anglicisme et un emprunt lexical. Au moins, ça c’est fait.
Le québécois est une langue à part entière qu’il est nécessaire de valoriser car elle a été longuement méprisée par la majorité de la francophonie (les métropolitains, donc). Quand la France a écrasé ses patois et dialectes d’une main de fer dans les écoles pour unifier la langue et par là même nos régions, bien des gens en ont souffert. C’est cette dynamique qui nous pousse, nous, français de France, à vouloir écraser les dialectes autres que celui de l’Académie. Le jugement que vous portez sur ces langues secondes, vous l’avez hérité de vos ancêtres à qui on a bourré le crâne d’affirmations, comme quoi le seul « vrai français », c’était celui de l’école.
Le québécois est une langue dont les origines sont indéniables, mais surtout qui doit se tirer d’un bourbier dans lequel elle s’enfonce pour plusieurs raisons. Car on confond originalité linguistique et mauvais apprentissage de la langue. L’Office de la Langue Française ne fait plus son travail depuis très longtemps.
Le québécois a l’audace et même le courage de traduire certains mots que le français métropolitain se contente d’emprunter à l’anglais (la propension à inclure des mots anglais dans ces deux langues est quasiment la même, soit dit en passant). C’est un beau geste. N’oublions pas que les comportements diffèrent car nous n’avons pas le même ressenti vis à vis des autres langues. Les 8 millions de québécois vivent à côté de 300 millions d’américains. Il est naturel qu’ils se sentent menacés (d’un point de vue linguistique). Le français métropolitain se contente de faire des emprunts car d’une, nous avons un niveau d’anglais minable (n’allez pas crier au loup, c’est une vérité qui me blesse tout autant que vous), et de deux, nous ne voyons pas les langues étrangères comme une menace (égocentrisme linguistique).
À côté de cela, le niveau d’orthographe au Québec est catastrophique, car l’apprentissage de la langue se fait mal. On pointe du doigt le symptôme, au lieu de pointer la cause. L’éducation des jeunes québécois est une catastrophe, les principaux acteurs de l’enseignement le clament depuis des années haut et fort. Au lieu de taper sur les gens qui ne savent pas lire et/ou écrire, mieux vaudrait commencer par aider leurs enfants à mieux le faire. C’est de ça dont l’Office devrait s’occuper (et à fortiori, le gouvernement du Québec, hein… mais il préfère taxer les étudiants de « pelleteux de nuages » (j’adore cette expression !)). Le Québec a besoin d'éducation, pas de répression.
Première proposition pour l’Office : proposer des traductions officielles de façon systématique et légiférer pour qu’elles soient appliquées dans le monde du commerce (ce qui entre en conflit avec la dynamique de l’usage, et des vecteurs de communication).
Deuxième proposition essentielle : distinguer la particularité linguistique de l’erreur (« sacrer » est un terme qui relève de la particularité linguistique, « sa va » est une erreur). C’est le boulot de l’Office, encore une fois. Les absents ont toujours tort…
Promouvoir le français, c’est le dynamiser, lui donner de la force, l’encourager par des concours (pensez donc aux dicos d’or, par exemple).
Pour finir, on place le français comme le garant d’une intégration réussie. Je pense que c’est une erreur monumentale. Commençons donc par établir des bases solides au lieu de vouloir enseigner des choses bancales aux nouveaux arrivants. Les francophones de France ne vont pas forcément relever le niveau de langue, ils vont juste influer sur le québécois qui perdra peut-être encore un peu de son essence. Je trouve cela regrettable. « En s’il vous plaît. » ;-)"
Gardez en tête qu'il s'agit d'une opinion personnelle. Moi, je m'intègre à mon propre rythme. D'autres vont plus vite, d'autres moins vite. L'essentiel, c'est de s'intégrer, au final...

mardi 22 janvier 2013

Petite réflexion sur la neige

Salut à tous !

Voilà, ce ne sera pas bien long, mais quand j'étais petit et que je regardais des films américains sur la neige, je me disais : ouah, c'est du chiqué, on dirait pas de la neige mais des paillettes. Ça ne fait pas crédible du tout.

Prenez The Shining par exemple, quand le petit s'enfuit dans le labyrinthe avec le père fou à ses trousses. On dirait vraiment qu'ils pataugent dans du sucre glace. Ça n'enlève rien au fait que le film est génial (ertreeeuuum), mais bon, bref, quand on a le goût du détail, la magie se perd un peu à la rediffusion.

Eh bien, non ! Je m'en suis rendu compte ce matin. Déjà, y'a plusieurs types de neige. La neige à l'américaine, ce n'est pas la neige à l'européenne. Je m'explique : en Europe, notamment au pied du Vercors (parlons de ce que je connais, pas de ce que je suppute), la neige est humide, collante, c'est même rare d'avoir de la poudreuse, et encore, elle ne porte ce nom que parce qu'elle est fine. Les températures sont rarement très basses, ça donne donc des gros flocons, qui collent vite et bien. Et puis ça fond très vite.

Ici, il fait froid, et sec. Deux données qui changent considérablement la "texture" de la neige. Houlà. Oui, elle est différente. Quand la température est proche du zéro, la neige canadienne est lourde, compacte. Celle-là, on la connait. Elle finit en "sloche" en un rien de temps. "Sloche", dérivé de l'anglais "slush", une bouillie infâme de neige fondue dont la teinte rappelle le visage d'un croquemort avant thanatopraxie.

On connait aussi la poudreuse, cette neige fine qui vient faire râler les automobilistes parce que la voiture est sous une congère le matin : "esti d'marde blanche, tabarnak!" 

Quand le froid devient violent, la neige se transforme en grésil, voire pire, en pluie de glace. D'où les fameuses paillettes. Les réalisateurs de cinéma ne se plantent donc pas : ils reproduisent ce qui se passe dehors, en vrai... Sauf que le climat américain et le climat européen... ne sont pas les mêmes.

Ce que je prenais pour un truc mal fait n'est en fait qu'une différence de plus à mettre sur le compte de nos cultures.

Oui, cette anecdote est un peu capillo-tractée, mais je me disais qu'elle illustrerait bien le fait que nos deux continents sont vraiment différents, et ce jusqu'au bout... des doigts (attention aux engelures).

Bises ;-)

lundi 21 janvier 2013

Le froid !


Bonjour à tous.

Alors, le sujet d’aujourd’hui colle bien avec la saison, puisqu’on va parler du froid. Ouais, c’est limite la première question qu’on me pose quand je dis que je suis au Québec/Canada/pays du sirop d’érable et du renne (que 80 % des canadiens n’ont jamais vu, soit dit en passant).

Premier point très important : le froid européen, voire français, et le froid canadien sont deux choses totalement différentes.

Le climat qui sévit au Canada est un mélange de grandes tendances climatiques, vous savez celles qu’on nous fait apprendre à l’école : polaire, continental, et tempéré. Suivant la météo et les flux anticycloniques, ces trois données fluctuent.

Le climat polaire est au Nord. Facile. Le continental, c’est une dominante présente sur la majeure partie du Canada : air sec, températures froides en hiver, chaudes en été.

Le tempéré se trouve près de la frontière avec les USA. Au Sud, donc. On le ressent surtout au printemps, ce qui facilite l’assimilation par nous autres européens qui y retrouvons nos températures habituelles.

La dynamique est la suivante : les perturbations et systèmes pluvieux viennent de l’océan. Avec eux, vient la douceur. La pluie et la neige sont donc synonymes de redoux au milieu des températures normales de saison.

Lorsque l’anticyclone réussit à repousser les nuages, il amène avec lui l’air glacial de l’arctique. Ce qui fait que, comme en vallée du Rhône, quand le vent souffle, il amène le soleil, et le froid.

En résumé : quand il fait beau, on se les gèle. Littéralement. À Montréal, ça tourne autour de -20 avec les températures arctiques, sans parler du facteur vent.

Voilà pour le fait établi. Maintenant, viennent s’ajouter à l’équation deux facteurs : l’humidité, qui n’est présente que lorsque les systèmes nuageux (et donc le redoux) sont là, et le vent.

Quand il fait très froid, il fait très sec. Le froid n’est donc pas si insupportable qu’on le dit.

Le facteur vent rend les températures moins supportables. Un vent de 60 km/h par -20, ça donne du -27 en température ressentie. Ici, nos cousins annoncent ces variations car elles conditionnent l’habillement.

Pour ma part, avec une couche de laine de mérino, mon gros manteau d’hiver et mon bonnet, je n’ai pas froid. Par -20. Je n'ai pas encore pu tester le -30 mais je mettrai à jour, au cas où.

On va finir sur une note humoristique avec quelques détails et anecdotes croustillant(e)s.

-    Non, quand tu pisses dans la neige par -20, ça ne fait pas un bâton jaune. C’est d'ailleurs faisable (testé par votre humble serviteur).
-    Oui, on peut tenir plusieurs heures dehors quand il fait -25. Faut juste avoir de bonnes chaussettes et savoir bouger pour se réchauffer.
-     Quand les chiens pissent, ça ne se voit pas. On ne se rend pas compte du degré de saleté de la rue. Sauf que là, avec la neige… on voit tout. Les rues sont des pissotières pour clébards. Une raison de plus pour moi de ne pas les aimer. Rassurez-vous, il y a pire.
-    La neige, c’est beau, et c’est pratique. Ça permet au pseudo-écolo de jeter ses papiers/ordures/conneries en tout genre et d’enfouir ça vite fait bien fait. Quand tout fond… c’est atroce.
-    Par -20, les narines ont tendance à coller quand on respire, ça fait bizarre au début, mais on s’y fait !
-  Quand il neige, il faut déneiger assez rapidement, sinon ça gèle et c'est l'enfer à enlever. On s'entraide entre voisins, chacun son tour, on file un coup de main à mamie qui nous file quelques muffins au passage. Bref, on s'amuse, quoi.

Conclusion : oui, vous pouvez venir, bande de frileux. Vous n’allez pas vous transformer en glaçon en l’espace d’une journée. Le froid n’est pas aussi atroce que ce qu’on vous dit. On vous vend du rêve, ça fait partie du marketing « made in Canada », et ça remplit les poches des marchands de blousons, qui ont bien compris que ceux qui claquaient le plus d’argent là-dedans… c’est nous, les étrangers !

lundi 15 octobre 2012

Immigration, étape 2.


Salut tout le monde,

Aujourd’hui, second article sur mes démarches d’immigration.

Le test de français ou TEF s’est bien déroulé le 28 septembre dernier. Je suis arrivé à 9h dans un des centres qui font passer l’examen.

Tout se déroule par ordinateur, en gros c’est un test de compréhension écrite et orale. Côté expression… rien. À croire que les mailles du filet d’Immigration Québec ne sont pas aussi fines qu’il n’y paraît au premier abord. Ok, première faille du système décelée.

Le test en lui-même n’est pas bien difficile pour une personne familiarisée avec sa langue, c'est-à-dire qui a pris le temps de suivre ses cours de français au lieu de se lancer des boulettes de papier mâché pendant les heures de classe pour tuer le temps.

Le niveau est assez élevé, que ce soit en orthographe ou en grammaire/conjugaison. Je n’ai pas eu de difficulté particulière, mais je suis intimement persuadé qu’un adepte du SMS aura de grandes difficultés.

J’avais peur au début d’être corrigé par une personne au niveau moyen. Faux : le test est parisien, il vient de Paris, est expédié à Paris pour correction. Certaines questions ont d’ailleurs un goût étrangement métropolitain : clichés sur la campagne, sur le niveau intellectuel de la province… j’en passe et des meilleures. Bref, on s’en fout, ce qui est fait est fait, et n’est plus à refaire.

Prochaine étape de l’immigration : l’envoi du dossier pour le Certificat de Sélection du Québec. Il faut :

-         imprimer des tonnes de papiers et les faire certifier conformes ;
-         fournir une myriade de justificatifs servant à déterminer notre niveau et notre volonté d’immigrer ;
-         PAYER les frais de dossier. Qui, tenez-vous bien, sont passés de 200 dollars il y a cinq ans à 750 dollars en… avril dernier. Oui, je n’ai pas de chance, c’est la vie, etc.

Un gros travail administratif s’annonce. Le délai moyen de traitement du CSQ est de cinq mois… je vous laisse calculer les niveaux de stress et d’angoisse afférents.

La suite… au prochain épisode ;-)

mardi 2 octobre 2012

Pêche d'automne :-)


Et voilà, première sortie sous les belles couleurs orangées des érables.

Nous sommes sortis sur notre plan d'eau, samedi dernier. 

Au total, la pêche étant moyenne, on comptabilise une vingtaine de prises à deux dont 15 pour lui (j'ai pris une raclée :D ). J'avais pas le feeling ni le pattern, mais j'ai tout de même réussi à toucher quelques beaux poissons. 

Sa plus belle prise avoisine les 4 livres et mon plus beau poisson atteindra à peine 3 livres et 3 onces. Je sais, ça vous perd ces unités de mesure américaines, mais elles donnent une petite touche d'authenticité à ces reportages pseudo-québécois. ;-)

En prime, vous avez droit à quelques photos de la saison des couleurs qui débute à peine ici au Québec... Magnifique. Avec les lunettes polarisantes, j'ai vraiment été bluffé...




La bise de l'autre côté de la Flaque !

lundi 24 septembre 2012


Petit compte-rendu de mes deux sorties de ce weekend.

Trop de vent, alors on s'est rabattus sur une pêche de bordure, sur la Rivière Châteauguay, au Sud de Montréal, et sur la Rivière des Prairies, le tronçon Nord du Saint-Laurent qui borde l'île de Montréal.

La première sortie a été très dure pour moi, j'ai perdu beaucoup de matériel et je n'ai pas ressenti le déclic salvateur tant attendu. J'ai raté plusieurs dorés, j'ai vu quelques poissons-castors percer la surface à la recherche d'une goulée d'air sous une pluie battante. Heureusement, le soleil a percé en fin d'après-midi alors que j'étais complètement trempé. Je tiens d'ailleurs à remercier mon fidèle chapeau de cuir qui m'a protégé le crâne pendant toute la partie de pêche :-D.

Dans mon esprit d'européen bien formaté, le brochet a bien plus de valeur que l'achigan, et je me suis acharné pour en prendre. Pourtant, rien, pas de brochet en vue. Enfin bon, ce n'est que partie remise (pour le maskinongé aussi).

J'aurai la chance de piquer par erreur un esturgeon, le premier de ma carrière. Il faisait environ 90 centimètres. Les photos sont à venir pour ce gaillard. Une vidéo aussi, si la qualité n'est pas trop pourrie pour la mettre en ligne.

Samedi donc, pas de bol. Dimanche, la pêche fut plus fructueuse. Un petit brochet, et trois dorés pas trop gros. Ci-contre, une photo du bestiau. 46 centimètres ça commence à être beau pour le doré, souvent affecté par le nanisme.

Je vous laisse aussi un gros plan des dents de l'animal : je me suis ouvert les doigts dessus, elles sont bien plus tranchantes que celles du sandre. Un jour peut-être, j'arriverai à saisir ce poisson correctement, sans me blesser au passage. Jean-François m'a montré comment le tenir sans se faire mal et sans lui faire plus de mal que nécessaire. Un grand merci à lui d'ailleurs, si un jour il passe par là. S'il n'était pas aussi mordu de pêche, je n'aurais jamais découvert la campagne québécoise.

Prochain compte-rendu à venir, restez branchés :-).


lundi 17 septembre 2012

Immigration, étape 1


Salut à tous !

Toujours pas fait le moindre article sur la pêche, alors que c’est peut-être un de mes loisirs les plus prenants. À croire que j’ai conscience que ça ne plaît pas au plus grand nombre…

C’est surtout que je n’ai pas d’appareil photo digne de ce nom, et ça m’emmerde profondément. Mais je vais y remédier.

Aujourd’hui, quelques nouvelles de mon statut d’immigré (ou de futur immigré).

Pour résumer dans les grandes lignes, il me faut deux sésames pour devenir Résident Permanent Canadien. Il faut l’aval de la province dans laquelle on veut s’installer, puis l’aval du gouvernement canadien. Une étape provinciale, et une étape fédérale.

Mercredi dernier, le 12 septembre, je fêtais mes six mois de travail chez Les Vilains Garçons. C’est un point important, vous allez comprendre pourquoi.

L’étape provinciale, le CSQ, ou Certificat de Sélection du Québec, est attribué en fonction d’un certain barème. Des points sont accordés pour diverses catégories. On y trouve d’une façon non exhaustive le niveau d’études, le métier pratiqué, l’expérience sur le sol québécois, les langues pratiquées et leur niveau.

Pour ma part, je n’avais d’autre choix que d’attendre six mois d’expérience pour faire ma demande. J’étais trop juste au niveau des points. Je vais donc chercher les points là où ils se trouvent, et là où j’ai des atouts.

Voilà pourquoi j’ai passé le CELPIP (Canadian English Language Proficiency Index Program). Pour avoir un certain nombre de points en anglais, et pour prouver ma maîtrise de la langue.

Le test s’est bien passé, j’attends les résultats dans deux semaines. Si j’avais dû refaire quelque chose dans l’intervalle, j’aurais choisi de ne pas être aussi perfectionniste sur la partie expression orale. J’ai été jusqu’à écrire la moindre de mes réponses avant de la dire, et j’ai raté la dernière question à cause de ça, le temps s'étant écoulé avant que je puisse m’en occuper. Pour la partie écrite, j'ai fini une heure avant la fin, et j'ai clairement vu quels étaient mes points faibles et mes points forts en anglais. J'aurais dû me faire plus confiance à l'oral.

Le 28 septembre prochain, ce sera la date de mon prochain test, à savoir celui de français. Ensuite, une fois les résultats obtenus, il faudra lancer la demande de CSQ.

Nous n’y sommes pas encore, mais les choses sont lancées et c’est très agréable de les voir enfin avancer.

Bises à tous,

Louis.

mercredi 25 juillet 2012

Être, ou Avoir


Bonjour à tous.

Encore un message à caractère pseudo politique, une philosophie de comptoir mal dégrossie, me direz-vous. Vous avez raison, l’étalage de ma réflexion se veut simple, non-élitiste.

Par là même, j’entends discuter, au lieu de me réfugier dans des sphères inaccessibles. Je me fais comprendre et je m’ouvre, au lieu de me refermer sur ma réflexion. Le blog est un outil libérateur dans le sens où il me permet de structurer mon analyse, au lieu de la laisser croupir dans un recoin de mon cerveau.

Aujourd’hui, se pose une question fondamentale dans mon choix de société. J'ai quitté pour un temps une société rongée par l’envie, l’amertume et le rejet des différences. Comme on le dit si bien, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Le Québec possède ses propres affres, il se veut multiculturel mais cède aux sirènes des préjugés (souvent). Il souffre de son manque d’éducation (comment l’être non éduqué peut-il comprendre la valeur de l’éducation, puisque les outils même de compréhension et de recul lui font défaut ?).

Tout est affaire de caricature, y compris l’expression des idées. J'y succombe même, je plonge dans la caricature du troll, cédant au plus grand nombre, à la quantité contre la qualité. 
La polarisation des derniers débats d’idées en est le reflet : soit on est communiste/anarchiste/révolutionnaire/soviétique, soit on est capitaliste/riche/sans cœur. Il ne semble pas y avoir d’entre-deux. Pour le paysage politique, c’est pareil : ou on soutient le fédéral, ou on soutient l’indépendance du Québec.

Je ne suis pas communiste. Je ne suis absolument pas capitaliste. Je ne suis pas pour l’indépendance du Québec et l’abandon du multiculturalisme. Je suis contre la hausse des frais de scolarité des universités. Je m’insurge contre la vente de la culture et de l’éducation comme s’il s’agissait de produits quantifiables à l’impact limité.

La véritable question à laquelle je réponds par le biais de cet article, c’est celle du choix de vie.

La réflexion s’impose, car le Québec, outre sa langue, est marqué par un mode de vie à l’américaine, la consommation à outrance, l’abandon de toute retenue. Ce n’est pas au Québec de changer pourtant, mais à moi de m’adapter pour réussir à y vivre.

Pourtant, le choix est fait. Entre Être et Avoir, je choisis d’Être. Deux notions qui se recoupent. On en fait l’exposé sur le lien suivant :


En fait, je n’ai pas envie d’Être. Je voudrais juste trouver du sens. Il y a des gens qui y passent leur vie, d’autres qui se contentent d’Avoir. Je ne veux pas qu’Avoir, finalement, je voudrais savoir pourquoi, comment, à quelles fins.

Ma vraie problématique, c’est de réussir à Être, dans une société façonnée par l’Avoir.

mardi 5 juin 2012

T'es ridicule !


Dixit un col blanc dans ma rue, regard porté sur le tintamarre des voisins, sur leurs balcons en train de mettre une fessée à leurs casseroles (oui, j'en suis).


"Vous êtes ridicules". Et de joindre le geste à la parole, majeur levé. Eh bien, jusqu'à preuve du contraire, le ridicule ne tue pas. 


L'indifférence, par contre... ^.^

Je suis con, par raison. Je vis dans une vieille cité, construite en vieux béton. J’ai pas d’envies, pas d’argent, je rêve de pognon…

J’envie le con du couplet d'avant de cette chanson !

Moi je suis pourri, par envie ! Le jour où j’touche le pactole j’oublierai mes amis !

Je rêve d’avoir du bol, de gagner au Juste Prix (contextuel : d'aller au Grand Prix !), mais jamais je porte une banderole jamais je pousse un cri !

Alors voilà, sous des habits provocateurs, le voilà le fond de ma pensée. Je suis installé dans ma petite vie de travailleur peinard, je ne croule pas sous les soucis d’argent puisque je gagne ma vie. Mais non, je ne me contente pas de gagner, dépenser, dormir, manger, refaire la même boucle encore et encore.

Indignez-vous, qu’ils disaient ! Évidemment cher amis, que je sais que cette démarche frise le ridicule, que je brasse de l’air ! Oui, ce sont des combats futiles, pour lesquels vous ne sortiriez pas de votre « home sweet home » !

Plus sérieusement, entre :

-          celui qui s’insurge chaque jour, quitte à se couvrir de ridicule ;

et :

-          le passif qui avale toutes les couleuvres qu’on lui propose, bouche grande ouverte sans broncher ;

De ces deux caricatures, laquelle est la pire ?

Eh bien, j’ai choisi !

lundi 4 juin 2012

Je n'aime pas le tourisme


Je n’aime pas le tourisme.

Non, je ne l’aime pas. Je ne trouve rien d’extraordinaire à New York, si ce n’est poser quelque part dans une ruelle, et dire : j’y étais. Publier une photo sur Facebook, et puis oublier ensuite, empiler un souvenir dans un album qui sent le renfermé et la poussière. Voyager juste pour dire aux autres qu'on voyage.

Je n’aime pas la version conventionnelle du tourisme. Je voudrais faire de belles photos, oui, montrer un paysage. Parler d'un endroit ?

J’ai surtout envie de donner des reproductions des souvenirs que j’acquiers au gré d’une visite à ceux qui comptent pour moi. J’ai envie de partager. Donner, au lieu de présenter un Nième faire-valoir.

Encore faut-ils que ceux à qui j’ai envie de donner veuillent bien recevoir. C’est pour ça que je donne le lien du blog, mais que je n’en fais pas plus l’apologie que ça. Il est là pour recueillir la pensée du moment, car elle aussi se partage.

Il est là pour recevoir vos réactions, épidermiques, enjouées, narquoises. Parfois malpolies (j’ai eu quelques commentaires injurieux que je n’ai pas publié parce qu’on ne donne pas une tribune aux trolls).

Un exemple : je suis allé au Parc Jean Drapeau, situé sur l'une des îles artificielles du Saint-Laurent. Pour pêcher, d’accord, mais aussi pour découvrir. J’ai été impressionné par le calme qui y règne. Pourtant, Montréal est en face. De l’autre côté. La verdure, le Saint-Laurent dans toute sa splendeur. L’eau qui se brise gentiment sur les rocs de la berge. Le repos, propice à la réflexion.

Car il ne se passe pas une journée sans que je réfléchisse à ma condition. De grandes questions qui reviennent de temps à autre, dans ces moments privilégiés qui favorisent l’introspection.

Ah oui, j’oubliais, je n’aime pas le tourisme. Il est bien trop léger, et vous l’avez deviné, j’aime quand les choses ont du sens. Un brin de cynisme n'a jamais tué personne :D

Bonne journée à vous.

jeudi 24 mai 2012

L'humour comme bouclier !


Coucou tout le monde !

Aujourd’hui, un peu de légèreté.

Petite anecdote qui s’est produite il y a de cela une semaine et demie. Un jeudi matin, je prends le métro à la station Fabre, pour partir au travail. Ce matin-là, des plaisantins ont jeté des grenades lacrymogènes dans les conduits d’aération de l’ensemble du réseau (comment ont-ils su comment paralyser le réseau entier, là est la question). Résultat : pompiers dépêchés de partout, tout le réseau est bloqué pendant presque deux heures. J’arrive au travail en retard, tout le monde est en colère.

Chaque annonce d’incident voit des regards inquiets se lever dans les rames le lendemain, dont le mien. Vais-je encore me retrouver bloqué pendant une heure et demie dans une rame à De Castelneau ?

Le soir, je rentre de la piscine, sur la ligne verte (la plus vétuste). Station McGill, l’annonce survient. Et merde…
Les portes sont ouvertes, cinq minutes s’écoulent. Les gens murmurent, on sent la tension.

Soudain, retentit un autre signal. Une annonce du conducteur de la rame.

« Vous inquiétez pas, on change les piles. On va r’partir. »

Là, tout le wagon explose de rire…

Comment désamorcer une situation stressante ? Un brin d’humour fait parfois toute la différence. J’ai moi-même bien rigolé ce soir-là.

Bises à tous :-)

mercredi 23 mai 2012

Montréal en tabarnak' !


Salut à tous !

Aujourd’hui, on va parler un peu mobilisation politique, et implication locale. Je sais qu’il est de bon ton de rester dans la neutralité, les agacés me le rappellent souvent, on ne s’épanche pas sur Fesselivre.

Alors, pourquoi me suis-je posé comme un relais du conflit qui secoue en ce moment la société québécoise ? Pour plusieurs raisons essentielles (du moins, pour moi).

La première, c’est que le mot « objectivité » ne fait pas partie du vocabulaire de la presse canadienne, à fortiori celle de Montréal. Imaginez-vous une province presque entièrement sous la coupe du Figaro (ou de Libération, pour les rares qui répriment leur envie de me traiter de rouge sur Facedebouc). Imaginez-vous une information orientée, modelée. Reporters Sans Frontières pourrait s’attarder sur le phénomène, car il y a un sérieux problème de censure à Montréal et au Québec. La presse est affiliée au Parti Libéral.

Point numéro deux : découlant du premier point, je suis aux premières loges pour assister à un conflit qui s’envenime, à des exactions policières, aux forces anti-émeute et aux charges de la police montée qui (excusez-moi du peu) a presque piétiné à mort un adolescent dimanche soir… Sic. J’ai donc un regard particulier sur la situation, je la vis.

Je soutiens le mouvement étudiant, un mouvement pacifique, hilarant, potache, et surtout créatif. Je scande des slogans ironiques, sarcastiques, le sourire aux lèvres, car c’est bien là la force de ce mouvement : sa volonté de dénoncer une souffrance en tendant l’autre joue. Car ce gouvernement ne répond que par le mépris et la haine, qu’il distille à l’envi. Quelques exemples de slogans : « On est dangereux hein, on porte un carré rouge ! », « Criez plus fort, pour que personne ne vous ignore ! », « On est plus de cinquante-euh ! »

Troisièmement, la réponse autoritaire (loi 78), délivrée par le gouvernement. Elle me fait penser à De Gaulle. « La chienlit, ça suffit ». Ok, Charest, mon coco, t’es trempé jusqu’au cou dans des affaires de corruption, ça fait neuf ans que tu es au pouvoir, et la seule véritable réponse que tu apportes à l’expression d’un profond malaise social, c’est la matraque ? Mai 68 s’est fait sur la rébellion d’une jeunesse méprisée par les adultes. Mark my words : tu es en train de semer la vigne sur laquelle poussent les raisins de la colère.

Pour les femmes que j’ai vues à terre, frappées par trois hommes en uniforme, pour ces passants qui prennent des gaz lacrymogènes parce qu’ils sont là au mauvais endroit et au mauvais moment, pour ceux qui espèrent un jour voir l’intellect au pouvoir à la place du fric, je m’engage, solidaire, aux côtés du carré de feutrine rouge.

vendredi 18 mai 2012

Grandir en musique !

Bonjour tout le monde !
Aujourd’hui le billet porte sur une chose qui me tient particulièrement à cœur. Il y en a beaucoup, trop diront les mauvaises langues ; ceux qui sont sur Fessebouc l’ont déjà vu. 
J’adore partager des liens vers la musique que j’écoute, et comme j’ai environ une dizaine de coups de cœur par jour, ça doit vous pourrir votre fil d’actualité (mouahaha, moi aussi je vous aime).
La musique. Voilà le thème d’aujourd’hui. En rapport avec mon expatriation, bien évidemment. Comment faites-vous pour gérer l’éloignement avec vos proches ? Moi j’écoute de la musique.
J’ai grandi dans un contexte musical très varié. D’aussi loin que je me souvienne, certains morceaux sont restés gravés dans ma mémoire alors que je grandissais aux pieds de mes parents. 
Mon père aime les chansons à texte. À ses pieds, alors que je jouais avec mes Duplo, résonnaient en arrière-plan des accords de Brel, Brassens, Ferré, Ferrat. 
Ma mère est mélomane, elle aime chanter (n’aie pas honte, on a hérité quelque part de ça, quel dommage que je n'aie pas eu la force d'apprendre à jouer d'un instrument). Auprès d’elle, j'entendais Mike Oldfield, Supertramp, Led Zeppelin, les Rolling Stones, Pink Floyd, les Beatles !
Ces morceaux de musique m’ont marqué à vie. J’en veux pour preuve le présent. J’ai acquis ma culture musicale en faisant mes propres découvertes (ce qui revenait à mettre la musique à fond et ruiner les oreilles parentales au passage :-D), mais aussi en réécoutant ces morceaux qui ont façonné mon intellect, ma sensibilité.
Hier soir, je suis tombé sur Supertramp. Ces morceaux, je ne les connais pas de nom. "Even the quietest moments", j’ai mis un temps fou à la trouver. Je ne me souvenais que de l’air. Mais je l’ai trouvée. Et voilà comment je fais pour me souvenir de vous.
C’est grâce à la musique et aux émotions qu’elle me procure, que lorsque je suis triste, je peux me réfugier dans ce monde qui était celui de mon enfance, à vos côtés. Quand je vois ces kilomètres qui nous séparent, je n’ai qu’à écouter ce que j’ai écouté à vos côtés pour vous retrouver à nouveau.
Je pense à vous.

jeudi 17 mai 2012

Montréal, une des dix villes les plus romantiques du monde.

Commençons par le commencement. Le mot du titre est à prendre au sens large. Romantique, Montréal ? Oui, et non. Je fais un petit billet pour vous donner mon point de vue sur le sujet, car cela revient parfois dans les conversations que j'ai sur place.

Oui, c'est une ville romantique, pour le cadre qu'elle fournit. Un cadre de vie agréable, détendu, sans stress. Les rues sont longues, permettent de faire vagabonder son regard, regarder l'horizon.
La verdure est omniprésente (surtout en ce moment, au printemps).Le cadre est donc agréable, c'est un support idéal pour le "romantique". Là, j'ai envie de dire : quand on est en relation, les cadres sont interchangeables, et peu importe l'endroit où on se trouve, c'est l'état d'esprit qui fait qu'on trouve un endroit romantique.
Là où, à mon sens, les choses se compliquent et prennent un autre aspect plus terre à terre, c'est quand on s'intéresse aux relations en elles-mêmes. Ici, à la nord-Américaine, on sort avec plusieurs personnes en se calquant sur le modèle américain. Le dating. On peut maintenir plusieurs relations "casual" en attendant l'arrivée du prince ou de la princesse charmant(e) (eurk). Donc, par extension, on parle de polyrelation.

Parc Wilfrid Laurier,
couleurs automnales
Pour moi, c'est un modèle difficile à prendre en compte. Imaginez-vous le concept français, élimé et réduit à son plus simple appareil, la définition. 
On trouve quelqu'un qui nous plaît, on sort avec, la relation se construit (ou pas). Il y a exclusivité dès le départ (sauf affirmation du contraire).
Le modèle canadien se base sur la consommation des personnes, jusqu'à ce que la bonne soit trouvée. J'ai du mal à le comprendre mais je l'expérimente, parce qu'il faut vivre la culture des autres pour réussir à l'accepter. 
Il y a exclusivité à partir du moment où on en fait la déclaration, pas avant. Une sorte d'American Idol, mais en amour...
J'en tire une conclusion toute personnelle, que certains me reprocheront et que d'autres approuveront : les relations nord-américaines n'aiment pas le mot "choisir". Il n'y a pas d'engagement.

Partant de la différence culturelle énorme énoncée ci-dessus, et du fait que je vis le romantisme comme un état d'esprit profondément européen (et pas français, je le souligne), je pense que Montréal n'est pas romantique. 
Pour finir sur une note positive, partant du principe que la petite fleur de l'amour peut s'épanouir par tous les temps et sous tous les horizons, je dirai que l'espoir est malgré tout de mise...

Bonne journée à vous les ptits loups :)
PS : je compte sur la sentinelle Alexis pour me dire si j'ai encore écorché l'orthographe d'un mot :P